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La forêt de marbre, Théo Durrant

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theo durrant, la forêt de marbreAu cœur d’une petite ville américaine d’après guerre, la fillette d’un médecin est enlevée. Sans personne autre que sa secrétaire pour l’aider, celui-ci va tenter dans la retrouver. Elle est là, tout près mais n’a que quelques heures à vivre… Ce roman est en fait l’œuvre d’une dizaine de membres d’une association qui a pris un pseudonyme commun pour l’occasion. Chacun a écrit un chapitre.

Aux très regrettées Néo, Nouvelles éditions Oswald, paru aussi en poche, non réédité à ce jour.

Mon avis :
J’ai plongé dans ce polar nerveux sans avoir su que je rencontrerai au fil des pages la plume de plusieurs auteurs, et je ne l’ai pas deviné car chacune se font dans l’autre, chacune s’est mise au service de l’histoire ; le roman n’est ni égal, ni morcelé, ni différemment stylé d’un chapitre à l’autre. Voilà la preuve que ce genre d’exercice, récurrent dans les ateliers d’écrire, peut produire de très belle œuvre concrète et cohérente.
Mais intéressons-nous plutôt à l’histoire… Mêlant savamment vieilles histoires de famille, préjugés de la société, traumatisme de la grande guerre, héroïsme ordinaire et amour filial passionné, ce roman est du genre qu’on prend en main et qu’on ne quitte plus jusqu’à la dernière page. Bien sûr, il joue de notre corde sensible, la petite victime est innocente et le compte à rebours toujours présent à l’esprit, mais les auteurs ont su donner du relief à tous les personnages, de l’humanité, des vices et des beautés très humaines qui donnent de l’ampleur et du mystère à leurs actes et leurs réactions. Même le héros est égratigné et sa quête désespérée jamais plus réelle et angoissante que lorsqu’on devine qu’elle est le fruit d’une vengeance causée par des circonstances dont il n’est pas entièrement innocent.
Mais la chute n’en reste pas moins réussi et de nombreuses révélations finales permettent de maintenir le suspens et l’intérêt jusqu’au bout.
Le personnage le plus intéressant restera pour moins l’impassible secrétaire, loin du stéréotype de la midinette amoureuse de son patron, qui le suit et l’épaule dans sa quête pour la simple raison que c’est ce qu’il faut faire…

Mes lectures SF d’août 2009 : La forêt de cristal de J. G. Balard

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J’ai bien trop la flemme, en ce pâle dimanche aoutien, pour rédiger une longue et vraie chronique de lecture… mrgreen Alors voici la première partie d’une petite rétrospective des romans que j’ai lu durant le mois. Tous relèvent du courant de la science-fiction et je les ai lus dans le train, chez mes parents ou chez moi, part du butin d’un vide-grenier bourguignon, grand broché ou petit poche issu de la grosse bibliothèque de Cyril qui me faisait de l’oeil depuis un moment… Et pour ne pas suivre la logique je vais commencer par le dernier lu…

La forêt de cristal de J. G. Balard

Je ne connaissais cet auteur que de nom. Sur le 4ème, on présente cet ouvrage comme étant son chef d’oeuvre… Si j’avais foi en ce que les éditeurs écrivent sur le quatrième de couverture, je ne suis pas sûr que j’aurais à coeur de découvrir plus avant l’oeuvre de cet auteur. Heureusement je me méfie de ce que le bon peuple a l’habitude d’encenser.

D’après ce que j’ai compris, monsieur Balard aime à nous dépeindre des apocalypses terriennes, dans la forêt de cristal le fléau prend l’apparence d’une cristallisation qui touche aussi bien les végétaux, les animaux etc… Tout devient bijou d’autant plus qu’il est immobile ou se laisse gagner par une sorte d’immobilisme.

Les personnages luttent contre le phénomène ou l’acceptent comme une sorte de bénédiction car beaucoup semblent atteint par une dépression qu’on ne comprend pas bien. Cette langueur des personnages s’étale à l’unisson de la narration qui a ses longueurs et ses rebondissements dont le moteur tient plus de la génération spontanée que d’une réelle relation de cause à effet entre les évènements.

J’aurais tendance à dire que sous des dehors stylistiques beaux, maîtrisés quoiqu’un peu surranés, l’auteur déroule parfois sa trame « au petit bonheur la chance »… à moins que l’inconséquence des personnages, leurs réactions à la limite de l’incohérence ne proviennent de la dépression dont j’ai parlé ci-dessus. J’ai aussi eu parfois l’impression de vérités assénées : comme pour l’explication soudaine et reconnue du phénomène de la cristallisation, qu’on développe juste assez, comme faire-valoir des états d’âmes humains, mais pas assez pour une fan de hard science comme moi.

Quoiqu’il en soit, ce livre a quand même le mérite de nous faire voyager, de nous confronter avec des élèments qu’on attend pas dans la SF : la terre, l’afrique, l’ambiance début de siècle, la lèpre, les colons, la dépression…  Il est aussi bien écrit, littéraire dans le style, ce que me plait ! et porteur de belles images, d’une dimension universelle pour ce qui est du thème, de ce qu’on devine comme morales ou idées. Mais je suis restée un peu sur ma faim, espérant une chute ou vérité finale qui aurait donné au texte un peu plus d’envergure.

Cante Jondo

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Nouvelle publiée dans Borderline n°10

Cette nouvelle de 20 000 signes espaces comprises qui se déroule au XIXe siècle à Séville sur fond de flamenco. Elle fait partie des nouvelles du recueil Masques de Femmes.

Les premières lignes :

“Ils avaient bondi sur moi au détour d’une venelle et, sans que j’eusse le temps de crier ou de me défendre, m’avait poussé à l’intérieur d’une carriole fermée par des planches disjointes. C’est du moins ce que j’avais eu le temps de voir avant qu’on ne me bâillonne et recouvre mon visage d’un sac de jute fleurant la vermine et la moisissure. Je pensais à l’instant quel danger il y avait à subir des nausées, ma bouche occultée par un chiffon tâché de suif, mon estomac tout à la fois retourné par les goûts, les odeurs, et les chaos de la route. On avait quitté Séville et les proches abords de la faculté de médecine où l’on venait purement et simplement de m’escamoter… “

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