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Coeur d’Ombre de Romain Roland

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1couv_coeur-d-ombre_pfCœur d’Ombre

Chronique de Lune Terra

Le projet sur My Major Compagny et la page facebook

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 .L’auteur de ce roman s’est courageusement lancé dans l’autopublication pour voir son rêve d’édition se réaliser. Il m’a confié la réalisation de la couverture et la correction. Il a assuré le développement de son projet et la promotion de celui-ci en utilisant les réseaux sociaux et plateforme d’auteurs amateurs. Aujourd’hui, l’ouvrage est disponible en papier et en ebook sur Amazon. Je vous en livre ici une courte critique, sans trop de compromission, je pense, quand bien même, il est difficile de ne pas s’attacher à une histoire pour laquelle on s’est investie durant plusieurs semaines.

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Je m’appelle Elune Lyel, j’avais une vie paisible et joyeuse dans ma ville portuaire de Windhowl jusqu’au jour de mon 17e anniversaire où tout a basculé. Le destin avait des projets pour moi qui allaient au-delà de l’imagination. Mes pérégrinations sur Outremerre allaient être perturbées par l’Ombre, une entité sanguinaire qui m’utilisait comme hôte. J’allais devoir me battre contre moi-même afin de faire échouer la Prophétie des Ombres soutenue par les Six Soupirs. Le destin et les Dieux ne m’avaient pas laissée seule dans cette quête, j’allais être épaulée par la Sybile et une farouche guerrière.

 

 

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Cœur d’Ombre est un récit agréable à lire et cela tient en premier lieu, aux personnages, attachants, à l’univers de l’auteur plutôt riche et au style, plaisant. Passés les premiers chapitres où certaines phrases manquent de délié, on perçoit une certaine maîtrise stylistique, avec des descriptions imagées, des passages emphatiques, mais qui restent efficaces. Les dialogues sont vivants et construits correctement.
Concernant le point de vue narratif, le fait qu’à chaque nouveau chapitre, l’un des personnages se fasse narrateur principal, dise « je » et nous fasse vivre l’action selon son point de vue, constitue un parti pris original. Cela aide aussi le lecteur à s’immerger dans l’action, à ressentir une certaine empathie. Le fait que la narration ne soit pas totalement linéaire du point de vue de la chronologie, que des chapitres se recoupent, crée une dynamique intéressante, force le lecteur à s’interroger sur certains aspects jusqu’à trouver des réponses en suivant un autre narrateur suivant. La limite de ce procédé se situe sans doute au niveau des personnages eux-mêmes, qui sont toutes des jeunes femmes et ont presque la même façon de s’exprimer.
L’histoire, en elle-même, reste assez classique, elle ne bénéficie pas de très gros suspenses, de très nombreux rebondissements, mais les ressorts habituels de la fantasy, s’ils sont présents, se laissent pourtant oublier parce qu’il y a, en parallèle des concepts personnels intéressants, riches et cohérents entre eux. Des bonnes idées qui restent en mémoire après coup. C’est un récit où l’on voyage, et qui ne s’embarrasse pas de temps mort ou de longueurs.
Le féminisme qui transparait du texte, l’histoire personnelle de Elune, le classicisme relatif de l’histoire, trouveront, selon moi, leur public plutôt chez les lectrices et les jeunes adultes que chez les vieux nostalgiques de l’âge d’or de l’imaginaire et le cycle de Gor. Pour conclure, je dirai qu’il s’agit d’un roman de fantasy tout à fait « honnête », avec une histoire assez inventive pour plaire aux amateurs du genre.

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Il est à noter que Romain Roland prépare actuellement une nouvelle chronique de Lune Terra, il ne s’agit pas d’une suite directe à Cœur d’Ombre, mais d’une nouvelle histoire dans le même univers.

[Chronique de lecture ] Des Roses et des Monstres

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Il s’agit d’un recueil de nouvelles qui, comme son nom l’indique, nous amène à la rencontre de créatures et d’évènements étranges dans une ambiance aux senteurs de roses et de fantastique.
Edité précédement au Colibri, cet ouvrage vient de reparaître aux éditions Nuits d’Avril, allongé de deux nouvelles supplémentaires.
La très belle illustration de couverture est signée Dorian Machecourt.
17 nouvelles très différentes et pourtant marquantes par les qualités de plume de l’auteur, Estelle Valls de Gomis, son habileté à mettre en scène et en lumière notre 19ème siècle ou des mondes uchroniques qui lui ressemblent, à la ville comme la campagne, de Londres à la Roumanie…

Le mythe du vampire, mainte fois utilisé, s’éveille à d’autres horizons, plus intime, plus proche de nous ou au contraire d’anciennes traditions. 17 nouvelles pour lesquelles les créatures de la nuit se montrent parfois touchantes, souvent cruelles, sont omniprésentes ou à peine des ombres.
La rose, elle-même, est un buisson, un parfum, une simple mention sous la plume de l’auteure ou un personnage à part entière aux épines duquel il vaut mieux éviter de se piquer. Ce qui est beau, n’est pas forcément bon mais l’inverse peut aussi être vrai. Dans l’univers d’Estelle, il y a peu de hasard, mais des destinées qui penchent vers l’immortalité ou la vie éphèmère d’une rose qui s’épanouit un matin pour se faner le soir.
Dans l’univers d’Estelle, il y a toujours du mystère. Des arcanes à demi dévoilées dans ce tome, des crimes et des intrigues, ne trouveront leur pleine conclusion que dans les Gentlemen de l’Etrange (Le Calepin Jaune Editions). Pour deux nouvelles de ce recueil, les chutes sont un peu trop en demi-teinte, on s’y perd, on reste sur sa faim. Pour d’autres au contraire, le texte ouvre vers l’infini, la fantasmagorie et une résonnance qui se poursuit bien après qu’on ait refermé l’ouvrage. Parmi mes préférées : ” Redmond Silverglade“, “Le Banquet de la Rose et du Livre“, “Mademoiselle Rose“, “Princezna Vladislava“, “Le Spectre d’Orlando” et “Centfeuilles, cent Folies“.

Dans ces nouvelles, l’auteur nous fait partager sa vision d’un certain romantisme noir, élégance et cruauté, sa passion pour la littérature fantastique et son amour des belles tournures. love