Tous les articles par Elie Darco

A propos Elie Darco

auteure, illustratrice, graphique, webmestre et correctrice

[Chronique de lecture ] Plum’arts n°1

Bdromadaires est une association de joyeux graphistes qui lancent là le premier numéro de leur fanzine constitué de BD, d’illustrations et d’une nouvelle illustrée. L’objet, au prix de 3 euros se présente sous format A5, agraphé, avec une couverture couleur glacée du plus bel effet et des pages intérieures en N&B. La particularité de ce fanzine est d’avoir un contenu duel, “grave” ou “comique” selon que l’on commence à lire par le début ou la fin. Une trouvaille originale !

L’édito donne le ton, il s’agit d’un travail amateur mais la mise en page est relativement soignée, bien que pas tout à fait maîtrisée, les éléments s’enchainant apparemment au hasard. On ne sait plus où commencent et finissent certaines BD. Et le gros point faible : la taille des polices, trop petites à lire dans certaines vignettes. Dommage aussi que l’équipe ne se soit pas davantage penché sur le problème et les “pertes” subséquentes à une impression en N&B : il aurait fallu balancer les gris sur certaines planches dont le contraste est insuffisant, dommage le dessin semblait beau !

Pour ce qui est du contenu lui-même, il y en a pour tous les goûts : des aventures burlesques, étranges ou cyniques, des tracés réalistes ou caricaturaux. La palme en revient à Fey pour son illustration Nomade. A Maz pour sa BD Le chanceux : un dessin superbe et une histoire simple mais avec une chute vertigineuse, ainsi que pour ses zozios désopilants. J’ai aussi beaucoup apprécié le magnifique travail graphique de GSMRKOLJ, mais là, les vignettes sont vraiment illisibles sans yeux bioniques.

La très belle illustration de Runi sur la nouvelle piquante mais manquant de maturité de Gari. La blagounette de Gifs-World et de son magichien. L’humour de Dreamer dans Les Reporters Sans limites version strip.

J’attire cependant l’attention de l’asso sur un manque tragique dans ce fanzine : la rigueur orthographique. Il y a des fautes, des erreurs typographiques aussi bien dans les BD que dans la nouvelle, à croire qu’il n’y a eu aucune relecture. Cela fait très mauvaise impression même pour un ouvrage amateur.

Pour un premier numéro, c’est très encourageant et si les soucis certes importants de réglages en pré-impression, de taille de vignettes et de syntaxe sont réparés, nul doute que le second opus gagnera en qualité et en professionnalisme.

L’innomée

Nouvelle publiée dans l’anthologie Robert E. Howard III – Les enfants de Conan, dirigée par Emmanuel Collot, aux éditions Eons.

Il s’agit d’un texte de 54 000 signes espaces comprises environ qui s’apparente à de l’héroïc-fantasy tout en s’appuyant sur nombre de mythes et de traditions slaves.

En voici les premières lignes :

 » Il faudrait croire à ces songes que nous porte parfois le vent ; le grand voyageur se charge d’effluves lointains, d’éclats de sons surgis d’outre temps, de tout ce qui s’est cru corps et immortel et finit en poussières, à peine une trace à confondre au néant. Mais à l’horizon glacé des instants endormis où l’esprit s’achemine en niant la matière qui l’emprisonne, il est parfois permis d’élider ses attaches, préjugés et savoirs pour surprendre l’impossible que les Dieux ont chassé de leur mémoire. Il est un nom, une vie, un jour, peut-être moins, qui exista même s’il n’en reste rien ; nulle souvenance ne persiste dans ce monde-ci, nul remugle n’en cloisonne les alvéoles des portes de la mort, et au-delà, les Dieux ont maquillé son passage. Pourtant, elle a vécu et si son nom m’est inconnu, il se révèle parfois dans l’écho fugitif des mots « honneur » et « liberté »… l’Innomée.  »

Elgolla, un monde sous la mer

Nouvelle publiée sur le site OutreMonde.

Elle compte 25 000 signes espaces comprises et fait partie d’un projet d’écriture en collectif, intitulé les Rejetons de l’Obsidium, présentement à l’arrêt. L’histoire avait pour cadre un monde post-apocalyptique où seuls quelques poignées d’hommes survivaient sur une terre devenue toxique.

Je pense à jour adaptée cette nouvelle et développer d’autres pans dans le cadre d’un nouveau et différent projet.

Les premières lignes :

” Pénétrant dans l’étroite nacelle d’exploration abyssale, Ethan joua des épaules et des genoux pour vérifier la souplesse des jointures de son scaphandre. Satisfait, il se détendit et glissa ses pieds dans les chaussures de plomb.
Il attendit…
Derrière lui, le sas de communication avec les couloirs se referma soudain et la petite pièce sphérique fut plongée dans les ténèbres. Nulle lueur, dévoilant l’emplacement de la cité d’Elgolla ne devait filtrer au-dehors. L’intercom de la nacelle crachota. Engoncé et contraint à l’immobilité, Ethan écouta avec attention la voix de sa collègue rendre compte de l’état d’apprêtement des ressources de son scaphandre semi-rigide. … ”