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Appel à textes Pouvoir(s) et Puissance(s) des Editions Sombres Rets

Les Editions Sombres Rets, tout nouvellement créées (j’ai réalisé le site 4grin ), lancent en collaboration avec la communauté d’OutreMonde un appel à textes sur la thématique de Pouvoirs et Puissances.

Les textes sélectionnés paraîtront dans une anthologie papier dirigée par Cyril Carau. love

Voici le texte d’amorce rédigé par Cyril pour vous donner de l’inspiration :

“Cette première anthologie mettra en avant les spécificités du pouvoir et de la puissance, ainsi que leur opposition. Le pouvoir peut être compris dans son sens politique, coercitif, (le Pouvoir politique) mais également comme l’aptitude physique et/ou morale, par exemple “pouvoir faire quelque chose…” Les textes devront mettre en scène des gens de pouvoir qui désirent conserver ou acquérir plus de puissance. Super-héros, super-vilain, surhomme, explorateur de l’impossible, mais aussi l’homme du commun face au Pouvoir, à la suprématie ou à lui-même lorsqu’il se lance un défi… tous les personnages caractéristiques de ce thème seront les bienvenus. Aucun genre de l’Imaginaire (SF, fantasy, fantastique, horreur…) ne devant être négligés.

Que le verbe exprime votre volonté de puissance !”

Tous les détails, les consignes et le réglement sur cette page du site de Sombres Rets : Soumission. Et leur forum vous attend pour d’éventuelles questions.

Bonne chance à tous les participants !

Je fais partie du comité de lecture, j’espère lire tout un tas de bons textes wink

Univers VI d’OutreMonde

Toute l’équipe d’OutreMonde a la joie d’annoncer la sortie d’Univers VI, sixième opus de sa web-revue !

94 pages de pur concentré d’Imaginaire, Univers VI célèbre le Romantisme Noir, avec au sommaire :

La Disgrâce de Lord st-Reeve, texte de Estelle Valls de Gomis illustré par Cyril Carau
Âprement mourir, texte de Willem Lukusa illustré par Elie Darco
Âmes soeurs, texte de Anthony Boulanger illustré par Annick D.C.
Comme une ombre, texte de Eris illustré par Clg
Ad vitam aeternam, texte de Romano Vlad Janulewicz illustré par Elie Guckert
Le Romantisme Noir et le mouvement gothique, un article de Ombeline Duprat
Le Baiser, texte de Sylvain Richard illustré par Fabien Fernandez « Fablyrr »
« Pétrus », texte de David Osmay illustré par Alda
Ôkami, texte de Philippe Déniel illustré par Tony Patrick Szabo
Damné par amour, texte de Ambre Dubois illustré par Elie Darco
La torture habitée, texte de Niggy illustré par Alain Mathiot

Couverture : Mathieu Coudray (Maz)

J’ai réalisé deux illustrations pour ce numéro, elles sont visibles dans mon portfolio ICI et LA wink

[Chronique de lecture ] Au tréfonds du ciel

Cet ouvrage de Science Fiction parait en France en 1999 et reçoit le prix Hugo en 2000. Vernor, coutumier du fait, avait déjà obtenu cette même récompense en 1993 avec un autre roman de SF : Un feu sur l’abîme. Avec Au tréfonds du ciel, Vernor Vinge donne à la littérature imaginaire un chef d’oeuvre en matière de space opera. S’il ne révolutionne pas le genre en déroulant sa trame à travers des galaxies dominées par des descendants terriens se livrant corps et âmes au mercantilisme, s’il est question comme souvent de colonisation planétaire, de domination raciale, si on s’immerge dans un contexte de haute technologie avec le verbiage tributaire de la hard science, on ne peut pourtant pas rester longtemps insensibles aux messages sous-jacents à cette épopée autour d’une étoile mystérieuse : marche-arrêt.

Car Vernor Vinge nous fait grâce d’un style vibrant et malicieux : les données techniques ou astrophysiques les plus complexes nous semblent curieusement abordables après quelques pages sans pour autant nous retirer le dépaysement qu’on attend toujours un peu en lisant un roman de space opera.

Il nous narre la rencontre entre trois peuples, deux espèces (il s’agit même pas des mêmes embranchements ! ) différentes. Et les apparences sont trompeuses, des exploiteurs qui seront exploités, des bourreaux géniaux, des esclaves inconscients de l’être, l’imaginaire de Vernor Vinge agissant comme un miroir, nous renvoyant nos convictions de supériorité anthropomorphique changées en ce qu’elles sont : mensonges et vanité. Nous sommes nous-même les esclaves de nos désirs mercantiles.

Car c’est aussi l’histoire d’une humanité “non humaine” et d’hommes dont l’humanité n’est plus que souvenirs, tant ils ont voyagé vers un seul but et avec une seule loi : celle du marché, de l’offre et de la demande. Des êtres qui n’ont rien d’humains, qui pour beaucoup ont une apparence “monstrueuse” mais qui vivent pourtant dans l’unité à la recherche d’un idéal, tandis que les hommes mille fois plus “civilisés” empêtrés dans une civilisation mercantile errent désenchantés de part l’univers, parcourant des distances fabuleuses sans pour autant voir plus loin que le bout de leur nez.

Une humanité qui a même oublié l’instinct primordial de conservation : donner lieu à une progéniture, tout comme des robots, sans autre ambition que de faire du profit et repousser les limites de leur sphère d’influence commerciale. D’autres hommes incarnent les vices les plus profonds des hommes et agissent avec monstruosité sous couvert du progrès, bien au-delà des questions d’intolérance.

C’est enfin l’histoire d’une impossibilité : l’histoire d’un monde qui se développe et prospère dans les rigueurs d’une étoile moribonde, “à demi vivante”, dans un système qui recèle un défi pour toutes les lois de l’astrophysique connues. Mais le défi n’est-il pas aussi pour l’humanité de l’ouvrage celui-ci : changer à l’envers du cours naturel des choses ? Un message dont le lecteur saura jugé de la résonance en sa propre pensée…