Tous les articles par Elie Darco

A propos Elie Darco

auteure, illustratrice, graphique, webmestre et correctrice

Eternel-22 – Yvan Barbedette

Dans son roman publié au Grimoire, Yvan Barbedette nous donne à suivre deux fils narratifs. Celui qui concerne Roy et son entourage, aux environs de l’an 3000, dans une société « utopique » où les humains atteignent l’immortalité à 22 ans, et les évènements fondateurs de cette société. Lesquels sont à découvrir, au fil des pages, en scrutant le passé, aux alentours des années 2090, lorsque deux Terriens issus de l’ingénierie génétique tentent de perce le mystère d’un objet extraterrestre visitant notre système solaire. Cette division dans la narration pourrait constituer un écueil si l’auteur n’avait pas choisi et réussi à distiller les informations avec parcimonie, de manière à conserver du suspense.

Si le début du roman montre quelques longueurs (et langueurs chez Roy) cela fonctionne assez bien, en sous-texte, pour nous exprimer d’une autre manière le caractère pesant, malsain, mensonger, de cette société future qui abolit le cycle de la vie et renverse celui de l’amour. Avec plusieurs moments d’action et retournements de situation, l’auteur nous permet de nous raccrocher facilement aux ramifications de sa trame, d’y trouver de nouveaux aspects intéressants.

Il ne s’agit pas de hard-science, mais plutôt d’une science-fiction enrichie de quelques éléments plus pointus pour asseoir le réalisme du texte. Le roman d’Yvan Barbedette se focalise davantage sur l’humain (sociologie, psychologie, croyance, et même art graphique) que sur les prodiges technologiques qui placent les Terriens dans un monde, de prime abord idéal, mais dans lequel ils ont finalement régressé et perdu leur liberté…

Un roman construit intelligemment, bien écrit et dépaysant, dans un univers original. Il s’enrichit d’illustrations sympathiques de Ronan Lescop et de compositions musicales de Donat Watine ouf

[Le Crépuscule d’Æsir] Influences et espoirs

Æsir se doit à diverses influences, les plus manifestes viennent sans doute de légendes nordiques, grecques et slaves. Il y a des auteurs dont je me suis nourrie, tels Robert Erwin Howard et Clark Ashton Smith, précurseurs de cette Dark-Fantasy qu’on nomme aussi parfois Sword & Sorcery et qui met en scène des guerriers aux prises avec des conflits dramatiques et des aventures épiques. Hyperborée… c’est sur un reflet des terres de ces deux grands magiciens des mots que se déroule Le Crépuscule d’Æsir.

 

 

Il est question des Hyperboréens chez des poètes grecs de l’antiquité. Cette idée d’une terre parfaite, très loin au nord, protégée du froid et des dieux, abritant un peuple ingénieux, mais toujours en guerre avec ses voisins, a fait son chemin en moi… Elle s’est mariée avec certaines particularités géographiques du monde au moment du dernier maximum glaciaire (durant le Würm) et avec ses peuplements d’animaux géants : la mégafaune. Ainsi, les grands lions blancs des cavernes, les aurochs, les dents de sabre, les mammouths, les megaloceros laissent leurs empreintes dans la neige et les pages de mon roman…

 

Je peux ajouter à la liste de mes inspirations, les récits de Moorcock, Tolkien, Le Guin ou Zelazny qui m’ont fortement et durablement impressionnée jusqu’à rejaillir, sans doute, dans mes propres histoires. D’autres influences me sont plus personnelles et constituent un pied de nez au sexisme et au racisme qui clapoteraient sous la surface de certains textes de Fantasy. Le monde dépeint dans Le Crépuscule d’Æsir est violent, l’intrigue, pour beaucoup, tragique, mais j’espère aussi y avoir ajouté quelques notes d’humour, des messages d’espoir, de tolérance et surtout un appel à l’évasion.