L’île aux Panthères – Guillaume Le Cornec

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Dans l’île aux Panthères, paru aux éditions du Rocher, cinq collégiens se trouvent mêlés à de drôles d’histoires qui prennent pour cadre la ville de Nantes à notre époque, mais se ramifient vers Yougoslavie, la Chine et dans le passé. Pour révéler les secrets qui entourent l’île de Nantes, résoudre un mystère archéologique et déjouer les plan de terrifiants malfrats, les cinq amis forment un groupe d’enquête : les JAXON. Ils vont mettre en commun leurs talents  et en danger leurs existences, leurs liens — entre eux et avec leurs parents…

Avec beaucoup de rythme, d’allant, l’auteur déroule son histoire, rebondit sur le vécu de ses personnages, les péripéties qui les frappent et les particularités étonnantes des cinq jeunes héros. Ce n’est pas toujours très vraisemblable, mais c’est très divertissant. L’auteur a la fibre écologique, le goût de l’aventure, l’amour du pulp et du polar et ça se sent.

Le style est nerveux, particulier, avec beaucoup de personnalité, un vocabulaire riche et imagé. Il conviendra mieux à des jeunes lecteurs plutôt aguerris, et ayant déjà fait l’expérience des « gros » romans. L’île aux Panthères est le premier tome d’une saga jeunesse qui relatera le devenir et d’autres enquêtes des JAXON.

Seconde nature – Emmanuel Ardichvili

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Roman d’anticipation, Seconde nature, paru chez Le Lamantin, s’adresse à tous les lecteurs à partir de 13 ans. Le roman débute par une exposition assez classique, autour de Léo, le personnage central : sa vie, l’école, ses relations avec ses parents, ses amis… quoique l’univers Science-fiction du récit, soit déjà bien campé, particulier et coloré. Puis la pression sur le héros s’approfondit et l’action devient de plus en plus rapide. Les bouleversements qui le frappent rendent la lecture enrichissante, prenante. J’ai, par exemple, beaucoup aimé les passages concernant les changements qui le frappent, notamment ce qui est dit de ses perceptions. C’est bien rendu, décrire avec vérité ce type d’évolution n’est certainement pas facile.

Brillant par de nombreux aspects, le texte fait montre de bons ingrédients de fond, de personnalité, contient des messages écologiques, de l’aventure, du suspens et il est supporté par un style agréable.

Un roman polymorphe et ramifié, tout autant qu’un thalle mycélien… (blague de geekobiologiste à l’attention de l’auteur, faites pas attention  :crazy:  )

Fin de siècle de Estelle Valls de Gomis

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fin-de-siecleFin de siècle, court roman d’Estelle Valls de Gomis, paru chez Far Arden Press.

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Ce roman constitue une plongée agréable dans un univers et un style prépondérants à la fin du dix-neuvième siècle, ceux des récits de ces symbolistes que sont Huysmans et Jean Moréas.  Mais là où Huysmans nous noie dans la surenchère et le détail à l’excès, Valls de Gomis nous livre, par touches légères, des visions esthétiques de ce que qui fait le quotidien de son héros. On suit Ciel, ce dandy, esthète et attachant, avec curiosité et avec bonheur.

De ce nom, Ciel, on garde l’impression d’un être à mi-chemin entre le divin et le commun des mortels. Il est beau, intelligent, riche, mais on ne peut le prendre en grippe, car il est innocent comme un enfant, aimable et franc. On ne l’envie pas davantage, sa sensibilité excessive et cette sorte de solitude qui ne s’attache qu’aux grandes âmes, le poussant régulièrement vers la mélancolie.

S’il est facile d’en dire autant, de ce personnage, de parler de lui, comme s’il était vivant, comme s’il était présent, c’est parce que l’auteure a ce talent pour le faire exister lui et toutes les nuances de son caractère au fil des saisons. Une année qui s’écoule au gré de ses rencontres amicales, de ses passions artistiques et de ses amours.  Un univers riche en saveurs et un style admirablement ciselé.

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Quelques mots de plus, le format du livre est de ceux qu’on tient bien en main, la maquette en fait un bel objet et l’illustration nous montre un Ciel végétal, aplats d’absinthe, en tête à tête avec une fleur, peut-être un autre clin d’œil à Huysmans, au fétichisme végétal du héros de Là-bas.

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