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Sur l’écorchure de tes mots – Pascaline Nolot

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48378513 10215876366013746 8384934089269968896 n 207x300 - Sur l'écorchure de tes mots - Pascaline NolotRoman de littérature blanche contemporaine, Sur l’écorchure de tes mots, édité par le Chat Noir, s’adresse aux grands adolescents et aux adultes. Il relate l’existence morcelée d’un frère et d’une sœur, après un accident terrible qui a défiguré cette dernière. Séparés depuis le drame, le hasard remet Sid et Emma en présence, et c’est un nouveau bouleversement…

Le texte est très bien écrit, servi par une plume habile à créer l’empathie chez le lecteur. Chapitre après chapitre, grâce à une narration qui alterne les points de vue et les époques, on s’achemine vers les révélations concernant l’accident, ses circonstances et répercussions traumatiques. Puis la narration s’ancre dans le présent et Sid et Emma, brouillés, blessés dans leur tête et dans leur chair, auront le choix de se retrouver, de redire « nous », d’écrire à deux la suite de leur existence. Laquelle réserve des bonheurs et des surprises…

Une histoire avec du fond, profond, documenté et présenté avec vraisemblance et rigueur. Une histoire touchante, sur des thèmes difficiles, car tragiques et traités jusque dans l’intimité des pensées des personnages. Les deux protagonistes principaux ont en effet chacun une « voix », une vraie personnalité, grâce au style ciselé et à la sensibilité de l’auteure. love

Les jumelles de Procyon

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les jumelles de procyon copie

L’oeuvre d’une vie

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styloUn auteur est-il capable de créer plus de un ou deux cycles vraiment très réussis ou commet-on une seule grande œuvre dans sa vie ?

Je me suis posée cette question en relevant sur de nombreux forums de lecture des avis plutôt mitigés sur les derniers cycles de Fantasy, Les cités des Anciens, Le soldat chamane, d’une auteure que j’apprécie particulièrement, Robin Hobb. Ces précédents, L’assassin royal, Les aventuriers de la mer, sont quant à eux présentés comme des chef d’œuvre, des ouvrages ayant renouvelé le genre.

A bien y songer, quel auteur reconnu aura été capable de nous offrir plusieurs opus-univers de qualité supérieure, sans « recycler » un minimum ses précédents univers ?

Si je pense à Zélazny, je ne pense qu’aux princes d’Ambre, Tolkien et son seigneur des anneaux, Asimov et ses robots, Herbert et Dune. Orson Scott Card ferait l’exception avec Ender d’une part et Alvin le faiseur de l’autre, mais les univers de ces deux cycles sont si différents qu’il parait étrange de les comparer sur un même plan. De même que Vance qui tape dans plusieurs registres avec Cugel, la fantasy comique,  Lyonesse l’héroic-fantasy, le planet opera avec Tshaï, les Baladins, Cadwal, le polar SF : les princes démons, le space opera, Alastor… Mais moi-même je les trouve d’une qualité très disparate.

Cela tient-il aux littératures imaginaires en général ? Si on s’intéresse aux personnages récurrents que l’on trouve par exemple dans les polars (commissaire, privé, légiste…) , on continue de noter qu’il existe fort peu de multipaternité. Un, Deux, trois héros par auteur se partagent le haut de l’affiche.

Alors, bien sûr, tout est question de goût, des lecteurs trouveront sans doute des tas d’exemples d’oeuvres cycliques tout aussi intéressantes chez le même auteur.

Ma question n’en a pas moins de sens lorsque l’on s’intéresse aux processus d’écriture puis d’édition. Cela viendrait-il alors de l’architecture ramifiée, aux situations détaillées, universalistes de ce que l’on appelle les cycles ? Parce que les véritables cycles se caractérisent par la construction non pas d’une intrigue et d’un contexte assorti, mais de tout un univers (un monde) dans lequel s’inscrira l’intrigue et les multiples intrigues secondaires. L’échelle spatiale est grande, l’échelle temporelle, de même, surtout pour des histoires qui couvrent des générations de personnages.

Même les auteurs les plus prolixes n’ont peut-être pas une durée de vie suffisante pour créer et écrire une multitude d’histoire originales et prenantes… Et nombre d’entre eux resteront inconnus, et sans la récompense d’une première publication, les germes d’un autre cycle dément finiront par sécher au fond d’un tiroir.

J’imagine que les auteurs, que cette question tourmente autant que la peur de la page blanche, trouvent moyen d’insuffler le maximum de vie à chacune de leurs œuvres et qu’ils embrassent cette idée romantique et morbide à la fois qu’il leur faut exceller, car l’histoire sera peut-être la dernière qu’ils auront à narrer.

 

 

 

Le prix d’une vie

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Le prix d'une vie

 

Illustration pour Le Chant du Cygne, roman de Cyril Carau, publié aux éditions de la frémillerie.