[Chronique de lecture] Borderline n°9

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L’association Catharsis présente Borderline, son fanzine, dont vient de sortir le neuvième numéro. En couverture, une superbe illustration de Mathieu Coudray “Maz”, bien glauque, inquiétante, expressive, avec cette impression d’un drame démesuré en suspend. Elle nous prépare à une plongée nocturne et effrayante dans l’imaginaire de Brian Hodge puis de quatre autres auteurs. Une interview de l’écrivain John Everson agrémente le tout. Pas d’illustrations intérieures mais une mise en page propre, sobre et agréable avec ses quelques petits élèments graphiques.

Dans l’édito Lionel Bénard parle de l’association et des ateliers d’écriture qu’elle dirige, les travaux réalisés aux cours de ceux-ci donneront lieu à l’édification d’une anthologie. En attendant, les nouvelles de cette parution, “petites tranches de vie de personnages intriguants ou malmenés par la destinée” devraient nous donner l’envie de nous intéresser à Catharsis…

Mes remerciements à SunTzu, sous la plume de Brian Hodge, on voyage, on transpire, on vibre à l’unisson d’un journaliste, attachant et convaincant dans son quotidien, son métier, sa passion, sa part d’ombre. Mais cette rencontre se fait sur un champ de bataille, au coeur de l’horreur, du danger qui finit par le rattraper. Une nouvelle édifiante, aux thèmes multiples, sociétaires, politiques, la responsabilité de chacun de nous, des médias, les différents visages que revêt la vérité, et le Mal absolu retranscrit sous l’égide du Fantastique, mais si réaliste pourtant… il ne s’agit plus d’une composante surnaturelle, mais hypernaturelle.

L’interview d’Everson, mené par Lionel Bénard, un peu trop longue à mon goût, (je ne suis vraiment pas friante des interviews d’une manière générale), pas inintéressante mais plutôt classique et non exempte de coquilles de formulation, redondances et répétitions de mots.

Plus courtes que celle de Hodge, les nouvelles qui suivent n’en sont pas moins sympathiques.

Sérial qui pleure de Romano Vlad Janulewicz, un bon point pour le titre, j’aime les titres qui sont déjà toute une histoire… Quant au texte, une histoire de tueur pas tout à fait comme les autres, distrayante par son point de vue narratif et par son retournement de situation final.

Qui fredonne de Joseph Grimo, rapide et mystérieuse, dérangeante dans la thématique, une sale rengaine que nos bonnes conscience aimeraient à oublier, l’impression persiste après lecture, un texte qui marque, c’est bien mené.

Le Bouton de Nicolas Bénard, une histoire qui fait écho à certaine de nos peurs et joue là aussi sur le mystère, l’absurde, l’incongru. Mais la vraisemblance du début et l’originalité de ce huit-clos particulier s’estompe avec un développement trop rapide, plein de non-dit, avec une fin qui laisse un petit goût d’inachevé.

Une mauvaise plaisanterie de Stéphane Mouret, une très bonne histoire en clôture, très vivante, très vraie, servie par un beau style bien travaillé (le fonctionnel au panier !). On pénètre dans l’intimité de ses deux personnes, dans leur normalité à peine titillée par de petits tracas, pour sentir finalement sentir leur angoisse et vivre intensément le dénouement du texte. L’absurde et le réalisme sont ici bien dosés.

En quatrième de couverture, une illustration mystérieuse, urbaine mais féérique avec son personnage un peu méditatif nous convie à garder souvenance de ce bon numéro de Borderline. Son auteur, “B.”, à découvrir davantage sur son site : ICI

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