Change-peaux

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Nouvelle publiée dans Pouvoir et Puissance, anthologie dirigée par Cyril Carau, éditions Sombres Rets

Il s’agit d’une grosse nouvelle de Dark-Fantasy de 50 000 signes espaces comprises qui met en scène un peuple sur le déclin, fuyant la désertification, poussé à la guerre et aux dernières extrémités pour survivre.

Elle a été illustrée par Cyril Carau.

Les premières lignes :

” Subsides d’âmes et restes de corps se mêlent aux poussières de la plaine assoiffée. D’ocre carminée, elle est le berceau d’ethnies à la peau sombre, à la vue perçante, aux bras solides pour triompher de l’existence. Des peuples de chasseurs, d’éleveurs et de guerriers qui savent que la vie est courte et jalonnée d’obstacles affermissant tant leurs corps que leurs cœurs qu’ils vouent à des dieux belliqueux. Mais leur présence en ce lieu de désolation sonne comme un anathème. Veinée de lézardes, la terre s’y effrite au soleil, se disloque en profonds sillons comme pour tracer une carte dont toutes les routes mènent vers l’enfer. La voûte du ciel ne sait plus pleurer ; elle a pris les teintes désespérantes d’un azur parfait, et là-haut, si haut, si indifférent à la souffrance de la tribu, règne l’astre solaire qui emprisonne la plaine de son souffle de forge… “

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La vieille Margot

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Nouvelle publiée dans Ananké n°2

Il s’agit d’un texte de 17 000 signes espaces comprises qui s’inscrit dans la tradition des polars campagnards, des faits divers qui sentent le terroir, via l’enquête d’un gendarme à la retraite.

Cette nouvelle a été illustrée par Martine Fassier

C’est ainsi que cela commence :

” L’hampe des tulipes s’est habillée de rosée et les petits cailloux blancs de l’allée luisent dans le frais matin. Gare à la glissade… Avant de tirer la porte derrière moi, je chope mon chapeau et ma canne dans le vestiaire du couloir et je les colle sous mon bras. Ce n’est pas que j’en ai besoin de la canne, je ne suis pas si vieux… mais ça me donne un air respectable. Quand on est un ancien gendarme à la retraite, on se doit, lorsqu’on ne porte plus l’uniforme que les jours d’enterrement, de coller à l’habit mieux que le moine. Et la canne, il parait que ça me rappelle la matraque, c’est du moins ce que disent les garnements du village. Ils n’attendent qu’une chose, pour sûr ! …Que je leur fasse numéroter leurs abatis, à grands coups cinglants dans les mollets. Bah ! Ils ne sont pas bien méchants, je ne les frappe pas souvent… “

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Cante Jondo

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Nouvelle publiée dans Borderline n°10

Cette nouvelle de 20 000 signes espaces comprises qui se déroule au XIXe siècle à Séville sur fond de flamenco. Elle fait partie des nouvelles du recueil Masques de Femmes.

Les premières lignes :

“Ils avaient bondi sur moi au détour d’une venelle et, sans que j’eusse le temps de crier ou de me défendre, m’avait poussé à l’intérieur d’une carriole fermée par des planches disjointes. C’est du moins ce que j’avais eu le temps de voir avant qu’on ne me bâillonne et recouvre mon visage d’un sac de jute fleurant la vermine et la moisissure. Je pensais à l’instant quel danger il y avait à subir des nausées, ma bouche occultée par un chiffon tâché de suif, mon estomac tout à la fois retourné par les goûts, les odeurs, et les chaos de la route. On avait quitté Séville et les proches abords de la faculté de médecine où l’on venait purement et simplement de m’escamoter… “

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L’interprétation des rêves

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Nouvelle publié dans le Rêveur solitaire.

Court texte à chute humoristique ou absurde.



Voici les premières lignes :

— C’était le plus beau des rêves ! Elle s’avançait vers moi, dans un déploiement de grâce et de lumière, sa silhouette d’oiseau discernable sous une cascade de soie multicolore. Elle avait la rousseur flamboyante et changeante des feuillages automnaux, des traits dont je n’aurais jamais cru possible la perfection et la suavité. Une bouche comme enflée de désir, des yeux si clairs que je les croyais immenses sur sa peau d’albâtre. Elle était magnifique, elle était à moi ! Et le plus beau, c’est qu’elle me souriait… Elle tendait sa main dans ma direction, ralentissant le pas puis son doigt se pointait soudain et je ne voyais plus que lui…. “

Amazon

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Nouvelle publiée dans le Hors Série n°2 d’OutreMonde, La trinité sombre : Howard, Smith, Lovecraft, à télécharger gratuitement.

Il s’agit d’un texte hyperboréen de 22 000 signes espaces comprises où l’on suit un jeune magicien en voyage d’étude à travers la jungle d’Amazon. Ce texte a été illustré par Harold Fay.

En voici les premières lignes :

” Sous la canopée verdoyante, des oiseaux aux effusantes ritournelles rivalisent de couleurs avec les chamarres violacés ou neigeux des orchidées. Sur les troncs dégoulinant d’une humidité vivifiante, s’encastrent les limbes insolents des broméliacées, s’enroulent des lianes aux fleurettes fragiles, le corps musculeux et ambrés de quelques reptiles et la multitude mouvante des colonies de fourmis en pleine exploration. C’est la vie exubérante, la palette de la nature offrant toute complétude et toute poésie à l’écheveau de ses créations, un spectacle accaparant et magnifique pour les sens de l’observateur. Celui-là se trouve pourtant assis sur une souche pourrissante, fermé à l’opulente flore de la jungle, aveugle à l’incroyable diversité de sa faune et des dangers qu’elle représente, il étudie une carte… “

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Le carnaval du lazaret

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Nouvelle publiée dans Le Calepin Jaune n°14.

Texte de 30 000 signes espaces comprises, vampirique, fantastique, vénitien et victorien. C’est un écrit auquel je tiens particulièrement parce qu’il a présidé à ma rencontre avec Estelle Valls de Gomis, collaboratrice, éditrice, auteure dont je suis fan et plus encore adorable amie.

Ma nouvelle a été illustrée par Cyril Carau.

Il est du nombre des nouvelles de La botte secrète, encore en cours d’écriture, un recueil qui rassemble des intrigues se déroulant en Italie.



Les premières lignes :

” Je suis ce que je suis, ni une jeunesse, ni une héroïne de contes de fée… Je suis ce que je suis, à l’envers du temps et des eaux saumâtres qui rongent les étais de la cité vénitienne. J’ai près de trois cents ans d’âge, sans compter ceux que j’ai vécus sous une apparence humaine. Si mon cœur s’est arrêté de battre, il y a bien longtemps, il y résonne encore les clameurs des flots de la lagune, le chant clapotant de la pluie sur le dôme de San Marco, le bruit spongieux du gondolier enfonçant sa perche. Je ne connais plus le goût du vin, des mets raffinés servis à la table des princes ou du pain chaud acheté contre quelques ducats sur la place du marché. Mes yeux se perdent sur des abîmes de ténèbres recouvrant ma patrie aux portes de la nuit. Les couleurs que je sais parer les corniches, les balcons aériens et les volets des maisons et des palais, s’occultent à mon regard depuis que la grande bouche de noirceur m’a avalée. Mais mon être, lui, se souvient encore ce que c’était d’être vivante… “